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Zenith — Zenith réduit ses volumes pour viser la haute horlogerie

Zenith réduit ses volumes pour viser la haute horlogerie

ZenithPublié 3 min de lecture

Image : hodinkee.com

L’avis du Remontoir

Zenith ne réduit pas seulement la voilure : elle s’apprête à retirer du marché une partie de la montre qui a fait sa visibilité. Le projet annoncé au Locle engage simultanément les volumes, le catalogue et le réseau de distribution ; pour l’amateur d’El Primero, la question concrète sera donc la disparition progressive de références familières, tandis que la manufacture concentrera ses moyens sur des pièces plus rares et plus coûteuses.

La brutalité du plan donne sa mesure : environ 100 des 196 postes du Locle seraient concernés, auxquels s’ajouteraient 101 emplois dans le réseau international. Zenith parle encore d’une procédure de consultation, mais le repositionnement est annoncé pour 2029. Le calendrier compte : il laisse trois ans pour réduire la production et fermer des points de vente, tout en maintenant la capacité industrielle nécessaire aux mouvements fournis aux autres marques de LVMH.

Le paradoxe est propre à Zenith : la marque reste identifiée par un mouvement, l’El Primero, dont la fréquence de 5 Hz et le chronographe intégré ont construit une légitimité technique rare, mais les lignes qui le portent — Chronomaster, Defy et Pilot — figurent parmi les modèles appelés à être fortement réduits ou retirés. Le savoir-faire ne disparaît donc pas avec le catalogue ; il cesse d’être diffusé à grande échelle sous la forme de collections immédiatement reconnaissables.

Les chiffres de production expliquent pourquoi la promesse de rareté n’est pas qu’un changement de discours : Zenith aurait produit environ 8 500 montres en 2025, tandis que le prix moyen observé en boutique était estimé à 15 565 francs suisses. Le projet vise une production sensiblement inférieure et un niveau de prix proche de 50 000 francs suisses à l’horizon 2029. Cela place la future Zenith dans une catégorie où la finition, l’ingénierie et la complexité devront justifier une hausse de prix de plus de trois fois, et où l’El Primero standard ne pourra plus suffire comme unique argument.

Le point décisif est ailleurs : Zenith conserve une fonction industrielle au sein de LVMH en continuant à fournir des mouvements à d’autres maisons, alors que son propre catalogue se contracte. La manufacture du Locle ne sera donc pas jugée seulement sur sa capacité à vendre davantage de montres Zenith, mais sur sa faculté à transformer une production réduite en pièces dont le mouvement, la construction et la finition portent réellement le prix. Pour l’amateur, 2029 marquera moins la fin d’une Zenith que la fin de son accès relativement simple à la Zenith qu’il connaissait.

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