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Zenith — Zenith : le virage industriel vers la haute horlogerie

Zenith : le virage industriel vers la haute horlogerie

ZenithPublié 2 min de lecture

Image : letemps.ch

L’avis du Remontoir

Zenith ne se contente pas de réduire la voilure : la manufacture du Locle s’apprête à changer de catégorie industrielle. Avec jusqu’à 100 postes concernés sur 196 à 200, la maison met en jeu la capacité même qui lui permet de produire ses chronographes en série. Pour un passionné, l’enjeu est concret : le repositionnement annoncé vers la haute horlogerie devra se lire dans les montres, leurs calibres, leurs finitions et leurs volumes — pas dans un simple déplacement de prix.

La procédure ouverte le 22 octobre concerne aussi environ 100 postes à l’international, notamment dans la distribution et les boutiques. Zenith appartient à LVMH, mais son identité reste liée au Locle et à une spécialité industrielle rare : le chronographe automatique El Primero, lancé en 1969 et battant à 36 000 alternances par heure. Réduire les volumes tout en montant en gamme signifie donc arbitrer entre deux visages de la marque : celui d’un mouvement historique produit avec une certaine régularité, et celui de pièces plus exclusives, où le temps d’assemblage, le réglage et la décoration peuvent justifier une production moindre.

Le virage ne part pas d’une page blanche. Les collections Defy et Chronomaster portent déjà cette tension entre diffusion relativement large et contenu mécanique identifiable : le Chronomaster Sport s’appuie sur une architecture El Primero à haute fréquence, tandis que les déclinaisons Defy Extreme ou les éditions tourbillon déplacent Zenith vers des complications et des finitions plus ambitieuses. La question posée par la restructuration est celle de la hiérarchie future de cette offre : combien de références équipées de calibres maison, avec quel niveau de décoration et quel prix, pourront remplacer les volumes abandonnés ?

La direction n’a pas annoncé de suppressions définitives et la consultation du personnel est encore en cours. Le chiffre le plus net reste néanmoins celui de la manufacture : une centaine de postes menacés sur un effectif d’environ 200. Zenith ne vendra pas davantage de haute horlogerie en changeant seulement son réseau ; elle devra transformer cette contraction en montres dont la valeur se voit au fond du boîtier, dans la construction du mouvement et dans le travail de finition. C’est à cette condition que le sacrifice industriel annoncé prendra un sens horloger.

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