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Zenith — Zenith : le virage vers la haute horlogerie

Zenith : le virage vers la haute horlogerie

ZenithPublié 2 min de lecture

Image : watchcollectinglifestyle.com

L’avis du Remontoir

Zenith ne taille pas seulement dans ses effectifs : elle redéfinit la place industrielle du mouvement El Primero. La moitié des 196 postes du Locle est visée par la consultation ouverte le 22 octobre, tandis qu’une centaine de fonctions internationales pourraient aussi disparaître. Pour un passionné, l’enjeu est concret : une manufacture historiquement identifiée à la production et au réglage de chronographes veut désormais concentrer ses moyens sur des pièces suffisamment exclusives pour justifier un positionnement de haute horlogerie.

Le calendrier donne à cette annonce une portée supérieure à celle d’un simple plan social. La consultation doit s’achever le 12 novembre, mais le repositionnement annoncé ne serait pleinement effectif qu’en 2029. Entre ces deux dates, Zenith devra faire coïncider une réduction massive de sa base opérationnelle avec une montée en gamme dont les contours restent encore fermés : la direction n’a fourni aucun détail supplémentaire pendant la procédure. Les postes menacés hors de Suisse concernent notamment la distribution et les boutiques, signe que la maison veut réduire sa présence diffuse pour privilégier une sélection plus étroite de marchés et de points de vente.

Le seuil de prix évoqué éclaire davantage le projet que la formule « très haut de gamme ». Zenith entendrait sortir de son cœur de marché situé entre 8 000 et 15 000 francs suisses, tandis que le nouveau Calibre 135 se place juste sous les 50 000 francs. Ce mouvement à remontage manuel, présenté comme une pièce de haute horlogerie, remet au premier plan la chronométrie et la construction du calibre plutôt que le seul héritage du El Primero automatique. La question industrielle devient alors celle de la capacité à produire moins, avec davantage de finitions, de réglage et de valeur horlogère par montre.

Le contexte commercial rend ce virage moins théorique. La direction cite le franc fort, les droits de douane américains et le recul de marchés clés en Asie et au Moyen-Orient, dans un marché qu’elle décrit comme durablement transformé. Zenith reste pourtant une maison à forte légitimité technique : LVMH lui attribue 2 333 prix de chronométrie, un record historique revendiqué par la marque. C’est précisément cette contradiction qui mérite l’attention : l’avenir de Zenith ne se jouera pas dans la seule reconnaissance du nom El Primero, mais dans la preuve que son savoir-faire peut soutenir des volumes plus faibles et des calibres nettement plus chers.

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