Le Remontoir
Rolex “Padellone”. Uniqueness is great - Wannenes Art Magazine

Rolex · publié 15.09 · 4 min de lecture

Rolex Perpetual Padellone : pourquoi elle compte vraiment

Rolex “Padellone”. Uniqueness is great - Wannenes Art MagazineImage : wannenesgroup.com

L’avis du Remontoir

En lançant la Perpetual Padellone, Rolex fait quelque chose qu’elle n’avait encore jamais fait : proposer un calendrier annuel complet avec phase de lune dans une ligne classique, et non dans le registre « instrument professionnel » qui a longtemps structuré sa légitimité technique. Cette montre marque un glissement concret de la marque vers une complication plus narrative et poétique, tout en restant portée par un calibre à haute fréquence et un échappement maison pensé pour la précision quotidienne. Pour un passionné de haute horlogerie, l’enjeu n’est donc pas qu’une nouvelle référence en or : c’est le signal que Rolex accepte d’entrer sur le terrain des calendriers élaborés, où elle était jusqu’ici étonnamment absente.

La Padellone n’arrive pas en terrain vierge : son nom convoque immédiatement la référence historique 8171, grande montre calendrier complet des années 1950 surnommée « Padellone » pour son diamètre généreux et sa carrure plate. En reprenant ce surnom dans une collection Perpetual très contemporaine, Rolex ne se contente pas d’un clin d’œil marketing : elle se crée un pont assumé entre une complication de calendrier présentée comme « complète » et un pan de son patrimoine qui, jusqu’ici, restait largement cantonné aux catalogues d’enchères. Cette réactivation officielle de la Padellone dans la gamme moderne donne une légitimité historique à un type de complication que la marque ne proposait plus en montre de série, ce qui change la place du calendrier chez Rolex : de rareté vintage, il devient technologie de catalogue permanent.

Sur le plan technique, la Perpetual Padellone ne se contente pas d’additionner des affichages : elle arrive avec un calibre 7190 automatique à 5 Hz, un échappement Dynapulse et un système de calendrier annuel Haplos breveté, capable de différencier mécaniquement les mois de 30 et 31 jours avec une seule correction nécessaire entre février et mars. Là où beaucoup de calendriers annuels reposent sur une architecture modulaires ajoutée à un mouvement de base, la présentation officielle insiste sur un dialogue revendiqué entre précision chronométrique (fréquence élevée, échappement propriétaire) et sophistication calendaire. Pour les amateurs de belle mécanique, cette intégration d’un calendrier annuel instantané — c’est-à-dire dont toutes les indications basculent simultanément au passage de minuit — dans un calibre maison à haute fréquence replace Rolex dans une conversation où les acteurs habituels s’appellent Patek, A. Lange ou Blancpain, et pas seulement « Oyster, Datejust et Daytona ».

Les trois références du lancement – Everose sur alligator brun, Everose sur bracelet Settimo, et platine cadran bleu glacier – ne sont pas un simple exercice de style : leurs prix, publiés et relayés par la presse, positionnent clairement la Padellone tout en haut de l’offre de la collection Perpetual. En Suisse, les tarifs communiqués tournent autour de 52 500 CHF pour l’Everose sur cuir, 64 800 CHF pour l’Everose sur Settimo et 59 000 CHF pour la version platine, avec des équivalents en euros qui la situent dans une fourchette voisine de 55 000 à près de 70 000 €. Cette stratification tarifaire, plus fine que sur d’autres lignes Rolex, souligne que la marque ne voit pas la Padellone comme un « daily wearer » en or de plus, mais comme une pièce où la complication et le choix du métal deviennent des arguments de hiérarchisation, presque à la manière des grandes maisons de haute horlogerie traditionnelle. Pour un collectionneur, c’est un niveau de prix qui crée immédiatement une nouvelle niche Rolex : celle du calendrier haut de gamme, distincte du reste de la production.

Le contexte commercial du lancement confirme cette volonté de s’adresser à un public averti : la Padellone est dévoilée à la mi-septembre 2026, intégrée dès le départ à la collection Perpetual et annoncée comme faisant partie de la gamme permanente, avec une disponibilité prévue en quantités limitées à partir d’octobre 2026. Cet ancrage dans la collection, loin d’une série spéciale numérotée, indique que Rolex ne teste pas un concept : elle installe durablement le calendrier annuel avec phase de lune dans son offre, tout en gardant un contrôle serré sur les volumes pour maintenir la désirabilité. Pour les passionnés, cela signifie que la complication ne sera plus un accident de catalogue ou une pièce confidentielle, mais un pilier sur lequel la marque pourra décliner d’autres variantes à moyen terme – une évolution structurelle, pas un « one shot ».

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