Le Remontoir
New Perpetual Padellone | New watches 2026 | Rolex® (MY)

Rolex · publié 16.09 · 4 min de lecture

Rolex Perpetual Padellone : un vrai tournant technique

New Perpetual Padellone | New watches 2026 | Rolex® (MY)Image : rolex.com

L’avis du Remontoir

Avec la Perpetual Padellone, Rolex ne signe pas simplement « la montre la plus compliquée depuis la Sky‑Dweller » : elle introduit un véritable tournant industriel, en inscrivant un calendrier complet annuel instantané au catalogue régulier de la marque, avec un calibre de haute fréquence et un niveau d’architecture rarement assumé à grande échelle chez Rolex. Pour un passionné de haute horlogerie, l’enjeu n’est pas tant l’esthétique rétro que le signal envoyé : la manufacture de Genève accepte enfin de faire du calendrier sophistiqué et de la phase de lune une ligne de production, adossée à trente demandes de brevet, et non plus une parenthèse limitée. Concrètement, le calibre 7190 et son Haplos System repositionnent Rolex dans un territoire fonctionnel qu’elle avait délaissé depuis la référence 8171, avec une promesse de robustesse et de réglage simple qui la distinguera des solutions concurrents souvent plus fragiles ou ésotériques.

Le cœur du sujet, pour Le Remontoir, se situe dans le passage à un calendrier annuel complet instantané, et non dans le simple ajout d’une complication décorative. Là où la plupart des calendriers complets exigent une correction manuelle dès qu’un mois ne compte pas 31 jours, le Haplos System développé pour la Padellone distingue automatiquement les mois de 30 et 31 jours, ne nécessitant qu’une seule intervention annuelle au basculement février‑mars. Cette approche, couplée à une fréquence de 5 Hz, traduit une volonté de faire du calendrier complexe un outil porté au quotidien plutôt qu’une complication de vitrines : Rolex met de la mécanique utile dans un langage opérationnel que peu de maisons sont capables de produire à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires sans sacrifier la stabilité chronométrique.

Le calibre 7190 est l’autre axe majeur qui donne du poids à cette sortie : derrière l’esthétique très contrôlée de la Padellone, on a affaire à un mouvement automatique inédit, battant à 5 Hz et associé à l’échappement Dynapulse. Ce choix de haute fréquence n’est pas neutre : il suppose une gestion fine du couple disponible, des matériaux de l’organe réglant et des lubrifiants, domaine où Rolex joue depuis longtemps la carte de la répétabilité industrielle plutôt que le spectacle horloger. Les trente demandes de brevet annoncées ne sont pas un argument marketing abstrait : elles entérinent une refonte profonde de l’architecture du calendrier et de sa commande, avec une logique de corrections via poussoirs et stylet pensée pour limiter les risques de casse en cas de manipulation inappropriée. Pour un lecteur du Remontoir, l’intérêt majeur est là : la Padellone ne se contente pas de recycler une base existante, elle impose une nouvelle plateforme technique dont la pérennité sera déterminante pour la place de Rolex dans le segment des complications de calendrier.

Sur le plan des références et des tarifs, la Padellone s’inscrit d’emblée dans une strate où l’on n’achète plus seulement « une Rolex », mais une proposition technique ciblée. Les prix annoncés pour le marché suisse — environ 52 500 CHF pour l’Everose sur alligator brun, 64 800 CHF pour l’Everose sur bracelet Settimo et 59 000 CHF pour la version platine sur alligator noir — la positionnent au‑dessus d’une Day‑Date chargée d’options et en face des calendriers annuels et complets de manufactures traditionnellement plus enclines à la haute complication. Cet écart tarifaire se justifie par la nature du mouvement et la faible concurrence interne chez Rolex : la Padellone devient la seule pièce de la gamme à offrir une telle combinaison calendrier annuel + phase de lune en 39 mm, obligeant le collectionneur à considérer l’objet pour sa mécanique et non pour le simple statut de la signature.

Enfin, il faut mesurer la portée historique et stratégique de cette montre, au‑delà de la citation évidente de la référence 8171 surnommée déjà Padellone par les collectionneurs. Là où le modèle des années 1950 était une rareté ponctuelle, la Perpetual Padellone 2026 est présentée comme une extension assumée de la collection Perpetual, avec une communication officielle qui insiste sur le « dialogue renouvelé entre précision et poésie » et une documentation détaillée, jusqu’au guide utilisateur en français expliquant la mise en phase de lune via calendrier lunaire annuel. Autrement dit, Rolex ne joue pas la carte de la série nostalgique ou de la réédition de salon : elle intègre un calendrier annuel complet au cœur de son offre, avec les outils pédagogiques et industriels qui vont avec. Pour un passionné, c’est ce changement d’échelle qui compte : la haute complication n’est plus chez Rolex un exercice isolé, mais une brique structurante qui pourrait redéfinir, à terme, la manière dont la marque traite le temps long et la lisibilité des cycles calendaires sur ses pièces de collection.

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