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Cartier — Cartier : le recul chinois touche ses montres

Cartier : le recul chinois touche ses montres

CartierPublié 3 min de lecture

Image : bloomberg.com

L’avis du Remontoir

Le signal chinois devient enfin assez précis pour intéresser l’amateur de Cartier : la résistance de la maison n’a pas absorbé le ralentissement, elle l’a seulement retardé. Quand les achats de pièces joaillières et horlogères à forte valeur commencent à décrocher chez les clients les plus aisés, la question dépasse le rythme des boutiques : elle touche directement la capacité de Cartier à maintenir ses volumes sur ses références les plus chères, celles qui portent une part essentielle de son image et de ses marges.

Les données sectorielles citées par Bloomberg font état d’un recul à deux chiffres des ventes de Cartier en Chine continentale en août et septembre 2026, après un ralentissement plus général engagé dès juin. Le contraste avec les mois précédents est significatif : Cartier figurait parmi les maisons encore relativement épargnées, aux côtés d’Hermès. Dans le même temps, les recettes des catégories les plus coûteuses, notamment la joaillerie et l’automobile, auraient chuté jusqu’à 21 % sur ces deux mois, tandis que la croissance globale du commerce de détail chinois ralentissait à 0,4 % en août. Le problème concerne donc précisément le terrain où Cartier vend le plus qu’un simple objet : une pièce à plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers d’euros, achetée dans un contexte de confiance patrimoniale.

Cette inflexion intervient alors que Richemont affichait encore, pour l’exercice clos le 31 mars 2026, 16,5 milliards d’euros de ventes pour ses Maisons Joaillières, en hausse de 8 % en données publiées et de 14 % à taux de change constants. Le groupe signalait aussi des gains de parts de marché dans la joaillerie comme dans l’horlogerie. Ces chiffres donnent la mesure du décalage : les résultats annuels de Cartier restent solides, mais ils décrivent une période antérieure au décrochage d’août-septembre. Ils ne permettent donc pas de considérer la Chine comme un relais automatiquement acquis pour les collections à venir.

L’enjeu se lit jusque dans les montres. Une Santos, une Tank ou une Panthère n’est pas interchangeable avec un accessoire de luxe : la valeur perçue dépend du dessin du boîtier, de la construction du calibre, de la finition et de la permanence d’une signature reconnaissable. Pourtant, dans les boutiques chinoises, ces qualités s’expriment souvent au sommet de la gamme, avec des complications, des métaux précieux et des cadrans travaillés qui augmentent rapidement le ticket. Le recul des achats haut de gamme met ainsi sous pression la partie la plus visible de l’offre Cartier, celle où le prix sanctionne immédiatement le report d’un achat.

Pour le passionné, la conséquence concrète tient moins à une hypothétique disparition des montres Cartier qu’au changement de lecture du marché : la marque ne peut plus compter sur la seule puissance de son nom pour soutenir les références les plus ambitieuses en Chine. La qualité horlogère demeure dans le boîtier et le mouvement ; la demande, elle, vient de montrer qu’elle peut se retirer avant même que l’objet perde de sa désirabilité.

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