Vacheron Constantin, le Met et les métiers d’art
L’avis du Remontoir
L’intérêt de cette résidence n’est pas de faire entrer Vacheron Constantin dans le champ de l’art contemporain par simple mécénat. Il est plus précis : déplacer des gestes horlogers — gravure, émaillage, guillochage — vers des œuvres qui ne sont pas des montres, et tester leur pertinence hors du boîtier et du cadran. Pour un passionné de haute horlogerie, c’est une démonstration concrète de ce que la transmission peut produire lorsqu’elle ne se limite pas à reproduire un patrimoine.
Les trois œuvres présentées au Met le 8 octobre 2026 sont l’aboutissement d’une résidence de 18 mois menée entre New York, Genève et les ateliers respectifs des artistes. Le choix des profils écarte le modèle de la collaboration décorative : Aspen Golann, designer américaine spécialisée dans le mobilier, a travaillé le bois en bas-relief ; Ibrahim Said, céramiste égypto-américain, a développé une structure verticale en céramique laquée, modelée et gravée ; Joy Harvey, orfèvre anglo-italienne, a réalisé une couronne en alliage de bronze, cuivre, étain, or et argent, martelé, ciselé et laminé. La résidence donne ainsi une suite lisible à la méthode de Vacheron Constantin : préserver un geste en le confrontant à une matière, une échelle et un usage nouveaux.
Le programme, lancé en juin 2025 dans le cadre du partenariat entre la manufacture et le Metropolitan Museum of Art, repose sur un double accès rarement réuni : les artistes ont étudié les collections et travaillé avec les équipes du Met, avant de passer par les savoir-faire des artisans genevois de Vacheron Constantin. Ce parcours compte davantage que la seule signature finale, car il rend visibles les transferts techniques habituellement dissimulés derrière un cadran fini : la gravure devient ici une construction monumentale, le travail de surface une architecture céramique, et la maîtrise du métal une pièce sculpturale autonome.
La portée de l’annonce tient donc moins au nombre — trois œuvres, trois artistes — qu’au dispositif. Vacheron Constantin ne commande pas une série d’objets portant son esthétique ; elle finance une situation où son patrimoine technique est soumis à des pratiques extérieures, tandis que le Met apporte ses collections, ses conservateurs et son cadre institutionnel. Pour une maison dont la légitimité repose sur la continuité des métiers d’art, cette résidence fournit un indicateur plus intéressant qu’une nouvelle pièce de collection : elle montre jusqu’où ces métiers peuvent sortir de l’horlogerie sans perdre leur exigence de précision.
Chez Vacheron Constantin
Toute la maison- Nouveau modèle · 03.10Vacheron Constantin célèbre les 30 ans d’Overseas avec un quantième perpétuel extra-plat
- Nouveau modèle · 02.10Une Overseas Quantième Perpétuel Extra-Plate à cadran azur mise à l’honneur
- Nouveau modèle · 02.10Vacheron Constantin célèbre les 30 ans de l’Overseas avec une nouvelle Ultra-Thin Perpetual Calendar
8H30 · CHAQUE MATIN