L’avis du Remontoir
La présence de la Rolex Perpetual Padellone au poignet de Roger Federer compte moins comme placement de produit que comme validation immédiate d’un pari inhabituel pour Rolex : lancer une montre à calendrier annuel et phase de Lune, entièrement nouvelle, dans une maison qui préfère d’ordinaire laisser ses nouveautés s’installer par la force de la continuité. Dévoilée le 15 septembre 2026 puis aperçue à Londres quelques jours plus tard, elle passe ainsi directement du communiqué à la preuve d’usage — et rappelle que, chez Rolex, la complication ne vaut que si elle reste lisible, portable et immédiatement identifiable.
La Padellone n’est pas un simple exercice de style inspiré d’une référence ancienne. Son nom renvoie à la grande Rolex Oyster Perpetual réf. 8171 des années 1940, surnommée « Padellone » en raison de son boîtier imposant pour l’époque. La nouvelle version reprend cette filiation dans un boîtier de 39 mm, mais y installe le calibre automatique 7190, protégé par 30 demandes de brevet et doté d’une réserve de marche de 66 heures. C’est précisément ce décalage entre une silhouette patrimoniale et une mécanique contemporaine qui donne un intérêt horloger réel à la montre aperçue sur Federer.
Le choix de la complication est tout aussi révélateur : la Padellone propose un calendrier annuel instantané, une indication de la date, du jour et du mois, ainsi qu’une phase de Lune. Elle ne doit donc pas être confondue avec un calendrier perpétuel : le mécanisme tient compte automatiquement des mois de 30 et 31 jours, mais nécessite une correction à la fin du mois de février. Cette distinction technique, essentielle pour les connaisseurs, montre que Rolex cherche ici moins à battre un record de complexité qu’à rendre une complication sophistiquée compatible avec son idée habituelle de la robustesse quotidienne.
L’offre au lancement est volontairement resserrée à trois configurations. L’exemplaire en or Everose avec cadran blanc intense et bracelet en alligator brun est annoncé à 57 250 euros ; la déclinaison en platine 950, cadran bleu glacier et alligator noir, atteint 64 400 euros ; l’Everose équipé du bracelet Settimo en or monte à 70 700 euros. La commercialisation est annoncée pour novembre 2026 : Federer porte donc une pièce montrée au public avant même son arrivée officielle dans le réseau, ce qui transforme sa photographie londonienne en aperçu exceptionnel plutôt qu’en simple apparition de célébrité.
Le contexte renforce encore la portée de l’image. Federer était à l’O2 Arena pour la neuvième édition de la Laver Cup, quatre ans après y avoir disputé le dernier match de sa carrière. Rolex associe ainsi sa complication la plus singulière de la rentrée à l’un de ses ambassadeurs les plus immédiatement liés à la précision et à la maîtrise du temps. Pour la Padellone, cette première sortie publique est bien choisie : avant même que les détaillants puissent en annoncer la disponibilité, elle est déjà installée dans le récit Rolex comme une montre de collection qui se porte réellement.
Chez Rolex
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