Le Remontoir

Rolex · publié 27.08 · 7 min de lecture

Rolex GMT‑Master II Pepsi retirée : alerte aux faux

Disparition du GMT‑Master II « Pepsi » : montée des risques de contrefaçons

La décision de Rolex de retirer de son catalogue le GMT‑Master II « Pepsi » a créé une onde de choc sur le marché secondaire. Depuis avril 2026, les références 126710BLRO en acier et 126719BLRO en or blanc 18 ct ne figurent plus au catalogue officiel de la marque, sans qu’aucun modèle de substitution n’ait été annoncé. Ce retrait soudain d’un des modèles les plus convoités de la gamme professionnelle a immédiatement alimenté la spéculation… et attiré l’attention des faussaires.

Face à cette situation, le détaillant américain SwissWatchExpo a publié un avertissement aux acheteurs et collectionneurs, pointant une hausse notable des risques de contrefaçons sur les Rolex récemment discontinuées, et en particulier sur les GMT‑Master II « Pepsi ». Selon le revendeur, la combinaison d’une demande très élevée, d’une offre désormais figée, et d’un imaginaire collectif fortement associé à cette lunette bicolore rouge et bleue crée un environnement idéal pour la prolifération de faux modèles sur le marché de l’occasion.

Pourquoi le retrait du « Pepsi » attise la spéculation

Le GMT‑Master II « Pepsi » occupe une place emblématique dans l’univers Rolex. Sa lunette Cerachrom rouge et bleue, inspirée des premières GMT‑Master des années 1950, en fait un symbole de la gamme et un repère instantanément reconnaissable pour les passionnés. Les références 126710BLRO (acier, bracelet Jubilee ou Oyster selon les séries) et 126719BLRO (or blanc 18 ct) représentaient les versions contemporaines de cette icône, dotées du calibre 3285 avec réserve de marche portée à 70 heures et une conception répondant aux standards modernes de robustesse et de précision.

En retirant ces deux références sans annoncer de remplaçante, Rolex a créé une rareté artificielle sur un modèle déjà difficile à obtenir en boutique, souvent associé à des listes d’attente. Sur le marché secondaire, les prix des « Pepsi » récents et en bon état avaient déjà pris une trajectoire haussière, portée par l’engouement des collectionneurs et des amateurs de montres sportives de luxe. La disparition du modèle au catalogue accentue cette dynamique, encourageant certains vendeurs à augmenter leurs tarifs et poussant des acheteurs pressés à se tourner vers des sources moins contrôlées, parfois basées à l’étranger ou sur des plateformes d’annonces entre particuliers.

Cette tension entre une demande soutenue et une offre limitée est précisément ce qui rend le terrain fertile pour les faussaires. Plus un modèle est recherché et perçu comme « introuvable », plus il est rentable de proposer des contrefaçons de haute qualité à des acheteurs qui, parfois, privilégient la rapidité d’acquisition au détriment de la prudence.

Un marché secondaire sous pression

Les professionnels de la revente constatent depuis plusieurs années une montée en gamme des contrefaçons de montres de luxe. Les faux ne se limitent plus aux copies grossières à bas coût : certains ateliers sont capables de produire des imitations sophistiquées, avec des boîtiers, cadrans et bracelets très proches de l’original, ainsi que des mouvements mimant les caractéristiques des calibres Rolex, au moins en apparence. Dans ce contexte, un modèle emblématique comme la GMT‑Master II « Pepsi » offre un terrain d’expression idéal à ces réseaux.

SwissWatchExpo souligne que la disparition du « Pepsi » du catalogue s’inscrit dans un mouvement plus large : chaque fois qu’un modèle très demandé est discontinué, le volume d’annonces sur le marché secondaire augmente, tiré par la spéculation et par l’appétit de collectionneurs désireux de « sécuriser » un exemplaire. La difficulté, pour l’acheteur final, réside dans la capacité à distinguer un exemplaire authentique d’une contrefaçon bien réalisée, surtout lorsque les prix demandés se rapprochent de ceux des montres originales.

Les plateformes de revente et les groupes de discussion en ligne voient alors apparaître des offres très attractives, parfois avec des « bonnes affaires » sur des GMT‑Master II « Pepsi » prétendument issues d’héritages, de fermetures de boutiques ou de liquidations de stocks. Ce type de récit est fréquemment utilisé par les escrocs pour pousser des acheteurs à agir rapidement, en jouant sur la peur de manquer l’opportunité d’acquérir une montre devenue introuvable au catalogue.

Les recommandations de SwissWatchExpo aux collectionneurs

Dans son avertissement, SwissWatchExpo invite les acheteurs à adopter une approche plus rigoureuse lorsqu’ils envisagent l’achat d’une Rolex récemment retirée du catalogue, qu’il s’agisse d’une GMT‑Master II « Pepsi » ou d’autres références particulièrement prisées. Le détaillant insiste d’abord sur l’importance de vérifier en détail les numéros de série et de référence gravés sur le boîtier et entre les cornes, ainsi que leur cohérence avec les papiers fournis (carte de garantie, facture d’origine, certificats éventuels). Toute discordance ou tout document manquant doit être considéré comme un signal d’alerte.

L’historique de la montre constitue un autre point crucial. Un vendeur capable de retracer clairement le parcours de la pièce – achat en boutique ou auprès d’un détaillant officiel, révisions, éventuelles interventions – et de fournir des preuves tangibles inspire davantage confiance qu’une annonce ne proposant qu’une description succincte. Les collectionneurs sont encouragés à poser des questions précises sur les dates et lieux d’achat, les services effectués, et à réclamer des copies ou originaux de documents liés à la montre.

SwissWatchExpo recommande en outre de privilégier les revendeurs certifiés, qu’il s’agisse de boutiques physiques reconnues ou de plateformes en ligne disposant de procédures d’authentification internes robustes. Ces acteurs mettent généralement en place des contrôles systématiques, avec inspection des montres par des horlogers spécialisés, vérification des composants et, parfois, recours à des bases de données internes pour croiser les numéros de série et détecter des incohérences. Si cette démarche peut se traduire par un prix d’achat plus élevé, elle réduit sensiblement le risque de tomber sur une contrefaçon sophistiquée.

Enfin, le revendeur insiste sur l’importance de ne pas se fier uniquement aux photos dans les annonces. Les meilleurs faussaires sont capables de produire des visuels très convaincants, voire d’utiliser des images d’authentiques montres pour illustrer des annonces relatives à des faux. Un examen physique, idéalement en présence d’un horloger ou d’un expert, reste la méthode la plus fiable pour confirmer l’authenticité d’un GMT‑Master II « Pepsi », surtout lorsqu’il s’agit d’un achat à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour les versions en or blanc ou de montres dont la valeur sur le marché secondaire dépasse largement le prix catalogue initial.

Conséquences pour Rolex et pour l’image du « Pepsi »

La multiplication des contrefaçons n’a pas seulement des répercussions pour les acheteurs : elle affecte également l’image de la marque. Les chaînes de contrefaçon profitent directement de l’aura de Rolex et de ses modèles emblématiques, et peuvent contribuer à brouiller la perception du public, qui voit parfois circuler des montres de qualité douteuse présentées comme des « Rolex Pepsi ». Pour la maison genevoise, la lutte contre la contrefaçon reste un enjeu majeur, même si son action se concentre principalement sur les circuits de distribution officiels et sur des démarches juridiques ciblées.

Pour les collectionneurs, la situation actuelle confère au GMT‑Master II « Pepsi » un statut encore plus particulier. D’un côté, la disparition du modèle au catalogue renforce la notion de rareté et l’attrait de posséder l’une des dernières Rolex modernes arborant cette lunette emblématique. De l’autre, le risque accru de contrefaçons impose un niveau de vigilance inédit, transformant l’achat de ce modèle en véritable parcours d’authentification.

Les amateurs de Rolex devront donc composer avec cette nouvelle donne : un marché secondaire dynamique, des prix sous pression et une exigence de prudence renforcée pour éviter de voir leur rêve de GMT‑Master II « Pepsi » se transformer en déconvenue. Dans ce contexte, la recommandation centrale de SwissWatchExpo apparaît claire : prendre le temps de vérifier, s’appuyer sur des professionnels reconnus et considérer l’authenticité comme le premier critère de choix, avant même la couleur de la lunette ou la configuration du bracelet.

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