Longines · publié 03.09 · 6 min de lecture
Cambriolage à Rome : 80 montres Longines dérobées
Au-delà du fait divers, ce cambriolage cible directement une marque bien installée dans l’entrée de gamme du luxe, avec une forte présence en boutique physique. Pour les passionnés, il rappelle que le stock Longines – notamment les références prisées en seconde main – devient une cible privilégiée, avec un risque accru de montres « tombées du camion » sur certains canaux. L’affaire interroge aussi la sécurité des points de vente en centre-ville, à l’heure où les valeurs moyennes par vitrine n’ont jamais été aussi élevées. Elle invite enfin les collectionneurs à redoubler de vigilance sur l’origine des pièces, les numéros de série et la traçabilité des montres achetées hors réseau officiel.
Dans la nuit du 2 au 3 septembre 2026, une boutique de montres située via del Corso, en plein centre historique de Rome, a été la cible d’un cambriolage spectaculaire. Selon les premières informations relayées par la presse locale, les auteurs ont utilisé une voiture-bélier pour défoncer la vitrine avant de s’emparer d’au moins 80 montres Longines. L’attaque, menée sur l’une des artères commerciales les plus fréquentées de la capitale italienne, s’inscrit dans une série de vols visant des boutiques de luxe et des enseignes horlogères dans les grandes villes européennes.
Un modus operandi brutal : la voiture-bélier
D’après le récit des autorités, les cambrioleurs ont utilisé une Alfa Romeo Giulietta volée comme bélier pour fracturer la façade vitrée du magasin. Ce type de véhicule-bélier, déjà observé dans d’autres affaires impliquant des bijouteries, permet une intrusion extrêmement rapide, limitant le temps d’intervention des forces de l’ordre et des services de sécurité privés. Après avoir éventré la vitrine, le ou les malfaiteurs se sont introduits dans la boutique, ciblant visiblement les présentoirs Longines, avant de prendre la fuite en abandonnant le véhicule quelques rues plus loin.
La Giulietta volée a été retrouvée peu après le cambriolage, abandonnée à proximité du lieu des faits. Les enquêteurs y voient le signe d’une opération préparée à l’avance, avec un véhicule de fuite distinct ou une exfiltration organisée. Dans ce type de scénario, la voiture-bélier est considérée comme un consommable : volée, utilisée pour l’effraction, puis laissée sur place afin de ne pas compromettre la suite de la fuite. Cela réduit les traces exploitables, même si le véhicule reste une source de preuves potentielles (ADN, empreintes, résidus, vidéo).
Un butin ciblé : au moins 80 montres Longines
Le détail frappant de cette affaire est la nature du butin : les voleurs se seraient concentrés sur des montres Longines, pour un total d’au moins 80 pièces dérobées selon les premières estimations. Si le modèle exact de chaque montre n’est pas encore connu, on peut raisonnablement penser que le stock comprenait une combinaison de collections emblématiques (HydroConquest, Master Collection, Spirit, Conquest classique) et de références plus confidentielles selon l’assortiment de la boutique. En valeur, même avec un panier moyen prudent par pièce, l’opération représente très probablement plusieurs dizaines, voire centaines de milliers d’euros.
Pour un trafiquant, Longines présente un profil paradoxal : une marque suffisamment réputée pour être désirable auprès du grand public et des amateurs éclairés, mais dont les prix restent relativement accessibles par rapport à la haute horlogerie la plus exclusive. De ce fait, les montres sont plus faciles à écouler rapidement sur le marché gris, sur des plateformes anonymes ou via des réseaux physiques, que des pièces hyper-identifiables à très haute valeur unitaire. Le vol massif d’un lot homogène de Longines suggère un débouché déjà anticipé, voire des acheteurs potentiels identifiés avant le cambriolage.
Enquête en cours : les carabiniers mobilisés
L’affaire a été confiée aux carabiniers de la Compagnie de Roma Centro, territorialement compétents pour le secteur du centre historique. Ils exploitent actuellement les images des systèmes de vidéosurveillance du magasin et des caméras de la zone, afin de reconstituer la chronologie de l’attaque et d’identifier les auteurs, les véhicules impliqués et d’éventuels complices. Dans ce type de dossier, le recoupement entre les images publiques, privées et les données de circulation peut être déterminant pour suivre une trajectoire de fuite ou repérer un repérage préalable des lieux.
Le Nucleo Investigativo, unité spécialisée dans les relevés technico-scientifiques, est également engagé sur le dossier. Son rôle consiste notamment à collecter et analyser les traces laissées sur le véhicule-bélier, dans le magasin et sur les éléments matériels (fragments de vitrine, outils, vêtements éventuels). On peut s’attendre à une exploitation approfondie des données balistiques en cas d’outils lourds, des fibres et des empreintes, ainsi que des signaux téléphoniques et numériques dans la zone au moment des faits. L’objectif est de relier cette opération à d’autres cambriolages récents et d’identifier une éventuelle structure organisée.
Un contexte de tension pour le retail horloger
Ce cambriolage s’inscrit dans un contexte où les boutiques horlogères, en particulier celles situées dans les centres historiques et touristiques, sont devenues des cibles récurrentes. L’augmentation générale des prix catalogues, la flambée de certaines références sur le marché secondaire et la concentration de stock en vitrine créent une équation attractive pour la criminalité organisée. Les montres représentent une valeur dense, discrète à transporter, relativement simple à dissimuler et facile à revendre dans des circuits parallèles.
Pour les détaillants, l’affaire romaine pose une nouvelle fois la question de la sécurité physique des points de vente : vitrines renforcées, rideaux métalliques, dispositifs anti-bélier, segmentation du stock entre réserve et surface, horaires d’exposition. Les marques, de leur côté, doivent composer avec un risque d’atteinte à leur image lorsque des lots importants de leurs références alimentent des circuits non officiels. Dans certains pays, des programmes de suivi des numéros de série et de blocage des garanties sont déjà mis en place pour limiter l’attrait des montres volées et inciter les acheteurs finaux à plus de prudence.
Ce que cela change pour les collectionneurs
Pour les passionnés et collectionneurs, l’impact le plus concret concerne la traçabilité des pièces. Avec la circulation potentielle d’un lot significatif de montres Longines issues d’un vol, le risque de se trouver face à une pièce « chaude » augmente, notamment sur le marché d’occasion, dans les ventes entre particuliers ou via des revendeurs peu scrupuleux. Il devient plus que jamais indispensable de vérifier les numéros de série, la cohérence des papiers, la présence d’une facture nominative, et de privilégier des canaux dont la réputation en matière de provenance est solidement établie.
Dans le cas spécifique de Longines, marque à la fois industrielle et patrimoniale, la multiplication de ce type de cambriolages peut également influencer la disponibilité de certaines références sur le court terme, selon la capacité des détaillants à reconstituer leur stock et les politiques de réallocation de la maison. Certains modèles prisés, notamment dans les collections sportives ou d’inspiration historique, pourraient connaître de petites tensions d’approvisionnement localement, même si la production globale de la marque demeure suffisamment large pour absorber des pertes ponctuelles. Pour l’amateur averti, rester informé des faits divers liés aux montres n’est pas du sensationnalisme : c’est une composante à part entière de la gestion de sa collection, entre sécurité, éthique et valeur de revente.
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