Girard-Perregaux · publié 18.09 · 4 min de lecture
Girard-Perregaux Laureato Williams : stratégie F1 assumée
Pour un passionné de haute horlogerie, ces deux Laureato Williams Edition ne sont pas un simple exercice de co‑branding : Girard‑Perregaux choisit de faire de la Laureato le socle industriel et esthétique d’un partenariat F1 annoncé pour 2026, et d’assumer une montée en gamme très concrète en termes de prix comme de positionnement. Ce lancement acte aussi une stratégie claire : utiliser l’univers Williams comme prisme pour réaffirmer la Laureato comme pilier sportif de la collection, avec des références immédiatement disponibles et non limitées, destinées à s’installer durablement au catalogue. En pratique, cela change le quotidien des collectionneurs : la montre « de l’écurie » n’est plus un objet promotionnel périphérique, mais une Laureato à part entière, tarifée et distribuée comme telle, avec une vocation de garde‑temps de tous les jours plutôt qu’un souvenir de paddock.
En dévoilant simultanément une Laureato Williams Edition 42 mm trois aiguilles et une Laureato Chronograph Williams Edition 42 mm, Girard‑Perregaux ne crée pas une série commémorative, mais une véritable sous‑famille au sein de la gamme Laureato, articulée autour du format 42 mm en acier, du bracelet intégré et d’une étanchéité à 100 m. La maison communique elle‑même sur le fait que ces deux pièces sont les premières concrétisations du partenariat avec l’Atlassian Williams F1 Team annoncé pour la saison 2026, ce qui les inscrit dans une trajectoire pluriannuelle plutôt qu’un one‑shot promotionnel. Le choix de rester sur des caractéristiques fonctionnelles identiques à la Laureato « classique » signale clairement la volonté de ne pas créer un dérivé gadget, mais de positionner ces Williams Edition comme des variantes légitimes d’un modèle déjà installé dans le paysage des montres sport‑chic à bracelet intégré.
Le signal le plus net envoyé aux amateurs avertis se lit dans la politique de prix et de disponibilité : sur le site français de la marque, la Laureato Chronograph Williams Edition 42 mm est affichée à 20 500 € avec une expédition annoncée à partir du 19 octobre, tandis que la version trois aiguilles Williams Edition est proposée à un niveau inférieur, dans la continuité de l’échelle habituelle entre Laureato trois aiguilles et chronographe. En Suisse et en Europe, la maison précise que ces références sont disponibles en ligne et en boutique, sans mention de série limitée, ce qui les distingue de nombreuses collaborations F1 cantonnées à quelques centaines de pièces pour collectionneurs de paddock. Le message est clair : Girard‑Perregaux utilise le partenariat Williams pour consolider la Laureato comme pilier de facturation au‑delà des 20 000 €, avec une offre accessible en continu à ceux qui veulent une montre de manufacture, sportive, mais sans la rareté parfois artificielle des éditions limitées.
Sur le plan horloger, la stratégie est tout aussi assumée : la Laureato Williams Edition trois aiguilles est animée par le calibre manufacture GP01800, mouvement automatique de 191 composants offrant environ 54 heures de réserve de marche, quand la Laureato Chronograph Williams Edition reçoit un calibre de la famille GP3300, plus dense (419 composants) et configuré pour l’affichage du temps, de la date et des fonctions de chronographe avec une réserve d’énergie d’environ 46 heures. En restant sur des bases mécaniques maison éprouvées, plutôt que sur un mouvement spécifique estampillé « F1 », la marque choisit de parler d’horlogerie avant de parler de sponsoring : l’argument technique demeure celui de la Laureato, pas celui d’une montre marketing de plus. Pour un lectorat comme celui du Remontoir, cela signifie que la valeur de ces pièces se joue d’abord sur la qualité des mouvements, la finition du boîtier et du bracelet, et l’intégration du thème Williams dans un produit déjà cohérent, plutôt que sur la simple présence d’un logo ou d’une étiquette de série spéciale.
Reste la question qui intéresse vraiment les connaisseurs : que gagne la Laureato à ce détour par le monde Williams, au‑delà du storytelling? Girard‑Perregaux insiste, dans ses communications francophones, sur une collaboration centrée non pas sur la performance brute, mais sur « tout ce qui la rend possible » – un discours qui rapproche la mise au point d’une monoplace de la conception d’un mouvement de haute horlogerie. Concrètement, les Williams Edition reprennent les codes esthétiques de la monoplace 2026 (bleu, motifs structurés évoquant les surfaces techniques), mais les appliquent à une architecture déjà maîtrisée, ce qui évite l’écueil de la montre « de fan » peu portable au quotidien. Pour le collectionneur qui cherche une Laureato avec une personnalité plus tranchée, sans verser dans le spectaculaire gratuit, ces références matérialisent le repositionnement de la ligne : une montre sport‑chic capable d’être le terrain d’expression de partenariats de haut niveau, sans renoncer à la cohérence horlogère qui fait l’intérêt de la Laureato depuis sa renaissance.
Chez Girard-Perregaux
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