Girard-Perregaux consolide sa présence à Tashkent
L’avis du Remontoir
L’enjeu n’est pas l’ouverture d’un énième point de vente, mais la transformation d’une présence locale en distribution horlogère officielle. À Tashkent, Girard-Perregaux dispose désormais d’une adresse identifiée dans le Tashkent City Mall, tandis que Patrick Pruniaux engage publiquement sa crédibilité sur la capacité de Premier Group à défendre une maison dont la valeur repose autant sur son histoire que sur ses calibres. Pour un passionné, le signal important est donc moins géographique que commercial : la marque cherche à installer un véritable interlocuteur de haute horlogerie en Ouzbékistan.
Cette implantation ne part pas de zéro. Girard-Perregaux était déjà présenté par Premier en Ouzbékistan en 2023, aux côtés de Bulgari, Hublot et Messika, depuis une boutique située rue Boukhara à Tashkent. Le passage à Premier Tashkent, au Tashkent City Mall, matérialise une montée en gamme du dispositif : la marque est désormais répertoriée comme point de vente officiel à l’adresse du centre commercial, avec un contact dédié.
Le choix de réunir Girard-Perregaux et Ulysse Nardin sous la responsabilité du même partenaire donne aussi une cohérence précise à l’opération. Patrick Pruniaux oppose lui-même les deux signatures : Ulysse Nardin pour l’expérimentation et l’audace technologique, Girard-Perregaux pour une forme de « quiet luxury ». Ce n’est pas un simple assortiment de marques suisses : c’est une manière de couvrir deux lectures distinctes de la haute horlogerie dans un marché où l’offre spécialisée reste en construction.
Premier Group revendique de son côté une position de distributeur majeur du luxe en Asie centrale, avec vingt marques internationales et dix boutiques à Tashkent, Almaty et Astana. Cette dimension régionale compte davantage que la seule vitrine de Tashkent : elle donne à Girard-Perregaux un partenaire déjà structuré autour d’une clientèle de luxe transfrontalière, plutôt qu’un revendeur isolé. La déclaration de Pruniaux — Premier « comprend le luxe et l’art horloger » et entend s’inscrire dans la durée — décrit donc la condition essentielle de l’accord : vendre une histoire de manufacture, pas seulement exposer des montres.
Le discours de la marque s’appuie enfin sur un capital historique particulièrement exploitable dans ce contexte : plus de 230 ans pour Girard-Perregaux, contre 180 ans pour Ulysse Nardin selon Pruniaux. Ces chiffres ne remplacent ni le service après-vente ni la profondeur de stock, mais ils fournissent à Premier un récit immédiatement lisible pour une clientèle qui découvre ou approfondit la haute horlogerie suisse. La prochaine étape observable ne sera donc pas la promesse d’un marché « prometteur », mais la capacité de cette adresse à rendre concrète cette ancienneté : collections disponibles, accompagnement et présence durable de la maison à Tashkent.
Chez Girard-Perregaux
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